Accueil > Accueil > Le mot du directeur > Retour sur 2017 par Jean Schmittbuhl

Retour sur 2017 par Jean Schmittbuhl

Retour sur 2017

Jean Schmittbuhl, Directeur du LabEx G-EAU-THERMIE PROFONDE
(Publié dans le Rapport d’activité 2017)

L ’année 2017 est pour le LabEx G-eau-thermie Profonde une année de maturité, marquée par l’aboutissement de plusieurs projets importants initiés au début du LabEx. Il aura fallu six années pour que ces premiers grands projets aboutissent. Les développements menés montrent toute l’importance de la structuration dans la durée du Labex, au-delà du cycle quadriennal des projets ANR ou européens, et des projets quinquennaux des laboratoires (UMR).
Le plus emblématique de ces projets est certainement celui initié par la première thèse du Labex, menée par Maximilien Lehujeur, sur le développement d’une imagerie de réservoir géothermique très innovatrice. Basée sur la mesure du bruit sismique ambiant émis par la Mer du Nord et l’activité humaine régionale, cette technique passive, continue dans le temps, à faible coût, peut mettre en évidence des variations de température ou de circulation de fluide en profondeur. Elle a atteint son objectif avec la production d’une image tridimensionnelle du sous-sol sur plusieurs kilomètres de profondeur (voir image de couverture), qui s’étend sur toute la région du Nord de l’Alsace où sont implantés le site historique de Soultz-sous-Forêts mais aussi le récent projet de Rittershoffen et où devraient se développer d’autres projets comme celui de Wissembourg. Cette image pourra être comparée aux résultats de la campagne de sismique active qui sera lancée par Electricité de Strasbourg en 2018.

Les développements effectués au sein du Labex ont suscité l’intérêt d’un nouveau partenaire industriel, Storengy/Engie, qui a choisi de s’y associer en cofinançant deux nouvelles thèses (Eric Henrion et Damian Kula) autour de l’application de ces techniques au monitoring des réservoirs. C’est le premier pas d’une ouverture pluri-partenariale au sein du Labex et plus particulièrement de la Chaire industrielle de géothermie profonde (CIGP), qui s’est amplifiée en fin d’année avec l’initiation d’un projet soutenu par Total sur les questions de production d’hydrogène naturel dans les réservoirs géothermaux.

Un second projet marquant est celui qui a permis le développement du Centre de données de géothermie profonde (CDGP). Son objectif est de préserver, archiver et diffuser les données acquises sur les sites de géothermie profonde du fossé rhénan, voire plus largement. La première phase du projet est de pérenniser l’important patrimoine scientifique acquis autour du projet pilote européen de Soultz-sous-Forêts, de permettre à la communauté scientifique de poursuivre ses recherches ainsi que d’initier des actions de formation auprès des étudiants. Les premières données du CDGP sont à présent en ligne sur le site : https://cdgp.u-strasbg.fr/ pour les scientifiques du monde entier avec un processus avancé de suivi de l’utilisation des données dans le respect de leurs propriétaires.

Le troisième élément important de cette année 2017 est la montée en puissance des quatre projets issus de l’effet de levier du LabEx : à savoir les projets européens DESTRESS et EPOS-AH, le projet EGS Alsace soutenu par l’ADEME et l’ANR Cantare. Ils sont présentés spécifiquement dans ce rapport d’activité car ils fournissent de nouveaux moyens permettant le financement d’un nombre sensiblement plus important de jeunes chercheurs (12 thèses, 9 post-doctorats) et produisent aujourd’hui des premiers résultats comme : la préparation d’une nouvelle stimulation chimique à Soultz-sous-Forêts dans le puits GPK4, l’étude directe des effets de déformation et de température sur la propagation des ondes, une analyse sociologique originale de la controverse autour de la géothermie profonde dans l’Eurométropole de Strasbourg, ou la mise en oeuvre opérationnelle de la convention de mutualisation des données académiques et industrielles pour une surveillance collaborative des projets de géothermie profonde en Alsace.

Cette augmentation sensible de l’activité est à présent gérée par Alexandra Kushnir, nouvelle manager projets du Labex. Les réussites de 2017 sont donc l’aboutissement d’un immense travail collectif réalisé au sein des neufs groupes de travail du Labex. Bravo à tous !

15 janvier 2016